Reconduction photographique
Qu’importe le lieu, seul compte le temps. Sur une période d’environ vingt ans, G. Filuzeau fit des prises de vue photographique de son milieu, êtres et contexte urbain confondus et cela constitue un œuvre. Pas de soucis pour de monumentalité pour Filuzeau. Flaneur, fixant famille et amis dans sa ville, érigeant la promenade comme discipline et dont les traces fixées au sel d’argent sur plaques de verre forment le témoignage.

90 ans plus tard environ. Même ville, le milieu a changé par la force du temps. Tous sont morts. Les lieux sont là, un peu les mêmes, un peu différents. Un lapse de temps s’offrant à la reconduction photographique. Emboitant les pas de Filuzeau, tant bien que mal, j’ai tenté l’apnée de presque un siècle, m’arrêtant là ou il s’était arrêté et cadrant au plus près du regard initial. L’esprit a disparu bien sur. La jeune femme à l’ombrelle présente sur beaucoup de clichés s’est peu à peu muée sur les plaques corrodées en mère à la tenue stricte. D’une certaine manière, mes images vont témoigner de son absence et finalement le projet d’emboiter les pas du photographe Filuzeau se muera bien vite en une ode à la féminité comme si toute la ville tenait à la présence puis à l’absence de cette femme.

La période embrassée entre les deux époques de prise de vue est passionnante. Elle aura vu la seconde guerre mondiale, les trente glorieuses accompagnants la Modernité, la récession, peut-être même la fin d’un modèle à force de soubresauts, et l’apparition d’une conscience environnementale qui prend aujourd’hui le nom de développement durable.
/ type : photographie urbaine
/ objet : reconduction photographique à un siècle d’écart
/ date de réalisation : 2008 - 2010
/ lieu de réalisation : Fontenay-le-Comte (85)
/ technique : plaque photographique pour le fonds Filuzeau du Musée de Fontenay-le-Comte et photographie numérique pour les reconductions
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